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Argentine

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 04:07

Trenque Lauquen : le genre de ville qu'on a du mal à trouver sur une carte et dont aucun guide ne parle. Située à 450km au sud de Buenos Aires, en pleine Pampa, on n'y aurait jamais mis les pieds si le hasard ne nous avait fait croiser le chemin de Julieta et Pablo, des Lauquenches rencontrés en septembre à Purmamarca, dans le Nord argentin. Dix minutes suffisent alors pour qu'un contact chaleureux s'établisse, ils nous laissent leurs coordonnées en nous invitant à venir les voir si nous passons dans le coin. Et... nous voilà, quelques mois plus tard !

 

Un séjour passionnant au pays des gauchos, ces légendaires gardiens de troupeaux à cheval, en voie de disparition aujourd´hui mais très présents dans l'imagerie et la mémoire collectives. gaucho boleadoras

Pablo a beau monter parfaitement à cheval, il n'a rien d'un gaucho. Ses outils de travail : internet, le portable et le 4x4. Son domaine : la production céréalière, qu'il administre sur 4000 hectares. Voilà qui ramène nos bocages normands à l'échelle de Playmobils et pourtant son exploitation est loin d'être la plus grande de la région.

magnifique pampa


Maïs, soja, tournesol, blé, sorgho, tout est produit de façon intensive, avec des machines dernier cri et des semences OGM, ô malheur. Le José Bové qui est en nous s’indigne, mais sur ces terres où la productivité est le maître-mot, de telles considérations sont totalement absentes, voire incongrues.
 Evidemment, nous posons la question du bio et du danger des OGM. Mais ce débat est quasiment inexistant en Argentine. Il faut dire qu'à la différence de l'Europe, ici des enfants meurent de faim chaque jour. De leur point de vue, il y a donc une responsabilité des agriculteurs qui doivent produire plus. Or, justement, les OGM et les nouvelles techniques permettent de cultiver des terres qui jusque là restaient impropres à l'agriculture.   
Un exemple de cette production intensive : une moissoneuse batteuse récolte et, dans son sillon, une autre machine prépare la terre et simultanément sème du sorgho. Le sol n'est donc jamais laissé au repos mais il ne s'épuise pas non plus puisque les semences sont différentes.

moisson

Nous avons du mal à nous extâsier sur le magnifique maïs dont les feuilles brillantes sont capables de résister à tous les herbicides du marché mais nous sommes totalement subjugués par la beauté de la Pampa, cette immense plaine qui s'étend du sud du Brésil au nord de la Terre de feu et qui couvre un territoire entièrement plat et plus grand que la France.

champ d OGM


La région est majoritairement céréalière. L'élevage rapportant moins que le grain, le bétail a été repoussé dans des terres plus lointaines, ce qui explique aussi en partie la disparition des gauchos, progressivement remplacés par les Land Rovers. Cela dit, Pablo élève tout de même 1000 bêtes. Certaines broutent paisiblement dans des prairies herbeuses, d'autres sont parquées dans des feed lots : le sorgo et le maïs servent ainsi essentiellement à nourrir vaches et boeufs.

fin de journee a la campagne

Les agriculteurs de la région de Trenque Lauquen sont souvent d'origine basque. Beaucoup portent encore le béret et jouent à la paleta. La père de Pablo était, paraît-il, un redoutable joueur et la ferme compte un fronton, mais en mauvais état suite à des inondations.

Autre cliché de la Pampa et du gaucho (et de l’Argentine en général) : la viande grillée. De ce côté-là, nous avons été servis. Asados (=barbecues) midi et soir. Jérôme a enfin obtenu de déguster sa viande comme il l’aime: sanguinolente. Les Argentins ont beau être de gros carnivores (74 kilos de bidoche par an et par personne), ils la mangent généralement à point, au grand damn du mon Dracula.
D'une façon générale, nous avons passé cette semaine à bâfrer comme des possédés, Julieta étant une redoutable cuisinière !
orgie de bidoche

Quand on en avait assez de manger de la viande, on tartinait du dulce de leche, cette délicieuse confiture de lait, un met incontournable en Argentine, aussi enivrant que le Nutella.

Pour la quasi herbivore que je suis, le moment privilégié c'était bien sûr le rituel du maté, cette infusion à base de feuilles au goût assez amer qu'on aspire à l'aide d'une bombilla et qu'on partage en se faisant passer le récipient (en calebasse ou en cuir la plupart du temps) en y reversant régulièrement de l'eau chaude.

l heure du mate bis


Pour Zoé, ces quelques jours à la campagne ont été un régal. Elle s'est encore fait des nouveaux amisavec Corcho

et est en passe de devenir une grande écuyère.
hue

Un immense merci à Pablo et Julieta pour leur accueil si chaleureux. Nous repartons avec quelques bourrelets, des images plein la tête et l'espoir de pouvoir les accueillir un jour à notre tour en France...

Julieta y Pablo

 




Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 18:35

Le voyage de Valparaiso à Mendoza a été plus long que prévu. Des habitants opposés à un projet d'autoroute ayant coupé la route en allumant un feu. La manifestation ne semblait pas très bien organisée car ils n'ont réussi à bloquer que deux véhicules : un camion et notre bus, mais durant 3 heures. Le passage de frontière s'est donc fait au petit matin dans un poste de douane isolé dans la cordillière des Andes et entouré de pics recouverts de neige : somptueux. Après avoir franchi la cordillière, ce fut une longue descente vers la plaine oú se situe Mendoza. La région est extrêmement sèche. Mais, grâce à un réseau d'aqueducs et de canaux, d'immenses sycomores recouvrent la ville d'une ombre bienveillante. C'est une commune opulente, avec de vastes places oú il fait bon flâner et une grande rue piétonne aux terrasses accueillantes. 
rue pietonne

Mendoza ne présente pas de monument majeur, ni de musée très passionnant.

drole de lapin

 Mais impossible de l'éviter car c'est la capitale du vin argentin. On y trouve principalement trois cépages : Malbec, Syrah et Cabernet Sauvignon. Les vins, puissants (souvent autour des 14º), ne sont pas loin d'égaler nos Bourgogne ou nos Côtes du Rhône. Comme le paysage est entièrement plat, la route des vins se parcourt généralement à vélo, ce qui peut être dangereux si l'on visite trop de bodegas (caves).
Entre les vignes on trouve des champs d'oliviers (on se croirait presque à Aix) et  l'huile locale est excellente. Nous avons visité une bodega tenue par des Français venus s'installer ici il ya 5 ou 6 ans sans connaître rien au vin. Ils ont su bien s'entourer car leur syrah est absolument délicieux.

degustation
Zoé quant à elle a préféré déguster deux autre spécialités :
une locale, à savoir les alfajores, des sortes de macarons au dulce de leche (confiture de lait) 

Zoe deguste
et une autre québecoise : un petit Miro qui logeait aussi dans notre auberge et qui aurait aussi bien pu être son frère.
heureux homme


Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 21:41


Il y a trois ans,  j’ai eu la chance de vivre une belle expérience en partageant durant quelques jours le quotidien de la famille Lamas (véridique!!).
A l’époque, Clara et Hector recevaient de temps à autres des touristes de passage désireux de sortir des sentiers battus et leur proposaient le gîte, le couvert et des randonnées dans les environs pour une somme modique. Une manière pour eux dóbtenir  quelques revenus et notamment d´assurer  la scolarité de leurs deux aînés. Je ne pouvais m’empêcher de craindre que leur petite entreprise n’ait prospéré et que le charme si particulier de leur accueil ne se soit émoussé.




Il n’en est rien. La maison des Lamas est toujours un bout du monde. Un quart d’heure de bus depuis Humahuaca et je demande  au chauffeur de nous déposer au petit tas de pierres blanches que je reconnais miraculeusement. Un no man’s land unique.












 

 




 

 

 

 

 

 

 

Les retrouvailles sont chaleureuses. J’apporte des photos de mon passage en 2006. La petite Carolina  a maintenant 4 ans, Gabriela va fêter ses 13 ans durant notre séjour et Clarita déborde toujours autant d’énergie joviale. Le cadre n’a pas changé : une maison en pisé au confort plus que rudimentaire, le four, les chèvres… et surtout un paysage magnifique alentour.

Le premier jour, Gabriela s’empresse de nous montrer les lamas d’un voisin et nous nous approchons donc pour la première fois de ces fameux camélidés qui ont eu la gentillesse de ne pas nous cracher dessus. Il faut dire qu’ils ont trouvé une dompteuse de choc!

 

 

Ensuite, nous voici enrôlés dans l’atelier pâtisserie. En prevision de notre passage dans la petite école du hameau, Clara nous propose de confectioner une bonne cinquantaine de petits pains sucrés fourrés au membrillo (pâte de coing) afin de les offrir aux élèves. Nous pétrissons donc avec vigueur tandis que Hector et deux de ses amis réalisent un plan de la communauté. Leur but est en effet de mettre à jour une carte du hameau qui compte une petite centaine de foyers et par la suite de procéder aussi à un recensement : une démarche de plus dans leur processus d'organisation collective afin de revendiquer auprès des autorités les terres qui leur reviennent.  A noter que le schéma familial de Clara et Hector est une exception : les familles  monoparentales (une mère seule et ses enfants) étant beaucoup plus courantes dans leur communauté.




 


Nous passons trois jours au total avec les Lamas.
Pour Zoé, c’est le paradis : une copine, un chat, des chiens, des chèvres, un âne, de la terre à pétrir à longueur de journée… La liberté pure.



























 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 



Le troisième jour, Hector nous emmène faire une longue balade à Inca Cueva. Au petit matin, dans un  froid saisissant, 
 


nous entreprenons une rando inoubliable au milieu de roches d’un ocre éblouissant.
Il s’agit des terres des ancêtres de la famille Lamas puisque les parents d’Hector y sont nés. Un de ses onclesy vit encore dans une solitude absolue.

Une grotte avec des peintures rupestres parachève la balade. Emouvant d’imaginer les mains des Incas traçant ces figures…


Enfin, nous consacrons la dernière matinée de notre séjour à visiter l’école de Carolina et Gabi. Une école minuscucle (50 élèves de 3 à 13 ans) qui fonctionne essentiellement avec des dons. Les enfants y sont non seulement scolarisés mais aussi nourris (nous avons partagé le petit déjeuner avec ces petits écoliers dont certains marchent une heure pour parvenir jusque là). Le niveau est très faible. 
Nous leur montrons les travaux de mes chers 6ème E qu’ils lisent avec curiosité. 
Nous constatons avec stupeur qu’ils ne connaissent pas la capitale de leur propre pays. Nous leur demandons alors de nous dessiner leur rêve et récoltons de très jolies choses : être gendarme, être maîtresse, avoir un âne, être mineur, avoir une charette. Un beau moment dont Zoé profite pleinement. ( A ce rythme-là, on la fait passer directement en CP à notre retour à La réunion!)

 

Après ces trois jours riches en émotion, nous retournons passer une nuit à Humahuaca et savourons comme jamais une bonne douche chaude.

Le lendemain, nous voici de nouveau sur le départ.  Prochaine destination : la Bolivie!!

Hasta luego, Argentina…

 

Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 21:50
Bonjour  à toutes et à tous. 
Nous voici rendus dans les Andes argentines. Plus précisément, dans la Quebrada (canyon) d´Humahuaca, classée au patrimoine de l´humanité par l´UNESCO. Cette vallée profonde a été en partie taillée par un cours d´eau local :  le Rio Grande  (rien à voir avec son cousin mexicain) qui est presque à sec en hiver mais qui, paraît-il, gonfle vigoureusement en été avec les pluies. A vrai dire on avait du mal à croire qu´il puisse un jour pleuvoir dans le coin, jusqu´à ce qu´une averse nous accueille en arrivant dans le village d´Humahuaca. D´après l´hôtel, c´était la première fois qu´il pleuvait depuis plus de 6 mois.  D´ailleurs, aussi loin que porte le regard, la nature n´est que sécheresse. En atteste la présence de nombreux et majestueux cactus appelés ici cardones.




Ces derniers, une fois leur peau enlevée donne un bois assez clair parsemé de petits trous dont on se sert pour la construction ou l´artisanat. 





Le climat de la région est très rude. 
En gros, la nuit  ça caille avec plus
ou moins 5 degrés, et le jour 
le thermomètre dépasse les  35 degrés,
du coup on tire la langue....




Cela dit, on oublie rapidement la dureté du climat car les paysages sont éblouissants. La nature semble avoir laissé libre cours à son inspiration, utilisant toutes les formes possibles et toutes les couleurs du spectre pour modeler les reliefs environnants.

Parmi les plus beaux sites on trouve le Paseo Colorado, près de Pumamarca,


la Palette du peintre dans le minuscule village de Mäimara,


la forteresse inca ou Pukara (reconstituée récemment) dans la jolie bourgade de Tilcara où nous logions




et enfin la Laguna de los Pozuelos oú nous avons pu admirer nos premières vigognes (une cousine sauvage du lama) et des flamants roses en pagaille dans une complète solitude. 










La population locale est en grande majorité d´origine amérindienne. Ce sont des descendants des Incas dont
l´Empire a été détruit par les vilains conquistadores espagnols. Cela se ressent dans les physiques bien sûr,

mais aussi dans les noms des villages : Pumamarca, Maïmara, Humahuaca... ne sont pas d´origine hispanique. 

Les Espagnols ont imposé, entre autre, leur langue, leur architecture et le catholicisme.  Cela dit, les Indiens ont su adapter la religion catholique à leurs croyances. Ainsi, lors des nombreuses processions en l´honneur de saints locaux, entre les crucifix et les bannières religieuses, on trouve des voitures décorées avec des nounours, des paquets de cigarette ou des dollars! Tout cela semble avant tout être l'occasion de faire une grosse fiesta.
















De plus, les Indigènes comme ils se nomment ont une forte conscience de leur ascendance Inca et de leur particularité. Ils subissent une forte discrimination en Argentine, car ils sont minoritaires dans le pays, même síls sont majoritaires dans le nord. Ils se sont donc organisés pour faire valoir leurs droits.  Ils réclament notamment de récupérer les terres de leurs ancêtres confisquées par l´Etat argentin, qui les a en partie revendues à des industries étrangères qui exploitent des mines d´or ou d´autres minéraux en polluant les terres et les rivières du coin, sans enrichir la population locale. Pour eux, le classement par l´UNESCO de la Quebrada est une nouvelle manière de leur confiquer leurs terres, ils demandent au minimum que la Quebrada soit inscrite comme patrimoine des Indigènes. On leur souhaite de réussir.

En attendant, on continue notre route vers de nouvelles aventures.



Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 20:00
Une architecture coloniale somptueuse, une Plaza 9 de Julio arborée et entourée d'arcades où il fait bon flâner, Salta "la Linda" (la Belle) porte bien son nom. Les Andes sont à portée du regard, les visages se font plus amérindiens, on devine la Bolivie tout près.



















A notre arrivéee, le zonda (vent chaud venu des Andes) souffle sur la ville comme un sèche-cheveux. Il fait pas loin de 40 degrés, 0% d'humidité. A l'instar des habitants, nous nous terrons dans notre chambre d'hôtel entre 13h et 16h. La ville ne se réveille d'ailleurs qu'en fin d'après-midi : à 17h, les boutiques ouvrent de nouveau, les passants affluent dans les rues et jusqu'à 21h, l'ambiance bat son plein.
Mais dès le lendemain, changement radical de météo : nous nous réveillons dans un froid mordant, le mercure est tombé à 10 degrés. Nous superposons nos polaires et commençons à nous intéressr de près à l'artisanat textil local. ( NB : le poncho en poil de lama existe bel et bien. Sophie, tu n'as donc pas d'inquiétude à te faire : tu pourras sans faute te pavaner en gaucha à BJP!)


Par chance, nous tombons en pleines festivités en l'honneur de la Vierge locale, la Virgen del Milagro.  Salta se transforme durant une dizaine de jours en une Mecque andine : des milliers de pélerins affluent des quatre coins de la région, à pied ou à cheval pour certains, donnant lieu à des processions hautes en couleur. La cathédrale ne désemplit pas (les gens font la queue pour confesse!). Le soir une foule compacte s'agglutine sur le parvis pour la grande messe de 22h retransmise sur écrans géants . Une effervescence digne d'un concert de feu Mickael Jackson!!




































Nous faisons de nouveau une petite incursion dans une école, primaire cette fois.

Et sympathisons avec Norma, une instit' qui nous invite le dimanche suivant  à une parrilla (un barbecue, un rituel dominical ici).
Nous faisons le plein de viande rouge avant de passer au régime quinoa - steack de lama!


A signaler aussi, parmi les nombreux musées de la ville, le Museo de Bellas Artes où Zoé parfait sa technique du croquis à l'horizontale tandis qu'un agent de sécurité épris d'art nous raconte avec passion chacun des tableaux.



Enfin, avant de nous lancer à l'assaut de la Cordillère, nous nous rendons aux pieds des Andes, à Campo Quijano, un hameau avec des airs de bout du monde. C'est impressionnant : le paysage est horizontal sur des dizaines de kilomètres et soudain se dresse à la verticale cette immense barrière montagneuse.

Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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