
Nous ne sommes plus qu'à une dizaine de jours du départ. En cette période on peut donc dire que ça sent le sapin. Tout se précipite et nous prenons moins le temps de donner de nos nouvelles.
Nous vous avions laissés en pleine plaine argentine et nous voici en Uruguay. Entre temps, nous avons fait un crochet par la ville de Rosario, située sur le fleuve Parana au nord-est de
l'Argentine. C'est la ville natale de Che Guevara et accessoirement du drapeau argentin. Des plages surchargées le week-end bordent ses eaux marrons qui ne sont pas sans rappeler la Guyane,
la forêt, les singes et le calme en moins.

Nous souhaitions monter plus au nord pour visiter une réserve naturelle, voir des
caïmans et des singes justement, mais des inondations nous ont vite fait changé de chemin.

Le temps de passer une journée par Buenos Aires, oú la chaleur estivale rend le bruit et la pollution encore
plus éprouvants, et nous avons traversé l'immense Rio de la Plata qui sépare la gigantesque Argentine du minuscule Uruguay.

C'est le deuxième plus petit pays d'Amérique du sud après le Surinam. Il est d'ailleurs surnommé "el paisito". Il ne compte que 3 millions et des brouettes d'habitants dont la moitié
vit dans sa petite capitale Montevideo.
Après avoir visité rapidement la jolie, mais trop proprette, Colonia située en face de Buenos Aires, côté uruguayen, nous avons gagné la côte atlantique. Durant des heures, le bus traverse un
pays quasi vide, semblant peuplé uniquement de moutons et de vaches.
Les villages dans lesquels nous avons sejourné sont absolument étonnants. Le premier se
nomme Cabo Colonio : sans eau courante, sinon celle des puits, sans électricité, sinon pour le phare, sans voiture ou presque, accessible uniquement
par des camions qui le relient à la route toutes les heures, ce village a longtemps vécu de la chasse aux lions de mers, aujourd'hui interdite. Du coup, ils se sont multipliés beaucoup plus vite que les habitants et une importante colonie de ces grosses bébêtes assez peu amènes il faut
bien le dire, loge a proximité du village.

Cabo Colonio compte donc plusieurs milliers de lions de mer et 80 habitants permanents, pour l'essentiel des pêcheurs et des hippies venus trouver ici un cadre paradisiaque, retirés des
tentations de la vilaine société de consommation.

On peut y louer des cabanes (appelées ici "ranchitos") pour moins de 20 euros à deux pas d'une plage aussi immense que splendide et dépeuplée, sauf en janvier. Un vrai hâvre de
sérénité.

Le deuxième village se nomme Las Valizas. Un peu moins rustique, on y trouve eau courante et électricirté, il n'en est pas moins dépeuplé en dehors des vacances estivales des Uruguayens. Là
encore, plages immenses, dunes et... des tonnes de crevettes pour 3 euros le kilo, le bonheur.

Après une bonne semaine à paresser en bord de mer, nous partons pour Montevideo. A suivre.