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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 19:09
Notre séjour au pays de Pablo Neruda aura été bref. A ceci, une raison essentielle : le coût de la vie, bien supérieur aux pays voisins, ce qui réduit considérablement notre pouvoir d'achat. Connu pour être le plus cher de l'Amérique Latine, le Chili n'a pas manqué de faire exploser notre modeste budget de baroudeurs (établi à 50€ quotidiens). En effet, difficile, voire impossible de se loger ici pour moins de 30€, les transports sont aussi nettement plus chers et la nourriture non plus n'est pas donnée.

Nous avons donc fait un séjour éclair en trois haltes.

Première étape : IQUIQUE, ville portuaire du nord du pays qu'on découvre au détour d'une dune de sable, après des heures de bus à travers un paysage désertique.
On est en effet en plein Atacama, le désert le plus aride du monde. Les vents sont orientés de la terre vers l'Océan, empêchant les pluies d'arroser la côte. Iquique détient un record mondial : 14 ans sans une goutte de pluie. Isabel, la proprio de l'Hostal où nous logeons, nous raconte ainsi qu'elle a vu la pluie pour la première fois à l'âge de 15 ans!

Les plages et les flots du Pacifique ont titillé les insulaires d'adoption que nous sommes et c'est avec délectation que nous avons retrouvé les joies de la baignade (frisquette cependant). 

Mais Iquique présente bien d'autres charmes que ses plages. Son centre historique témoigne d'un passé très particulier lié à la production de nitrate qui a enrichi toute la région à la fin du XIXème siècle. Le Paseo Baquedano est ainsi une suite de grandes demeures de style géorgien à très hauts plafonds, plus ou moins bien entretenues. Un faux air de Louisiane auquel concourt une ambiance très décontractée propre des stations balnéaires.

Intrigués par le riche passé de la région, nous partons à la découverte de Humberstone, dite la ville-fantôme. Totalement abandonnée aujourd'hui, elle est classée au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO. En se promenant dans ses rues oû brûle un soleil de plomb, on se croirait en plein far west.
De la prospère cité minière qu'elle fut jusqu'aux années 1920, il ne reste plus que des baraquements délabrés et des machines rouillées. Fondée dans les années 1880, Humberstone connut une expansion économique fulgurante grâce au salpêtre. Transformé en nitrate, il servait à la fabrication des munitions (importante exportation vers l'Europe durant la Première guerre mondiale), d'engrais et de produits pour le développement de photos. A son apogée, la ville d'Humberstone compta jusqu'à 3500 habitants. Mais, les Allemands découvrirent un procédé permettant de fabriquer artificiellement du nitrate et l'activité minière commença à décliner au début du XXème siècle pour cesser définitivement dans les années 50. Privés de leur unique ressource économique, les habitants quittèrent les lieux pour s'exiler dans les villes et villages alentour et Humberstone se vida ainsi de toute sa population jusqu'à devenir cette ville-musée qui attire non seulement les touristes mais aussi les nostalgiques de la belle époque. Chaque année, à cette période, des fêtes sont organisées pour tous les anciens de la ville. Nous avons ainsi discuté avec une dame d'une soixantaine d'années, née à Humberstone, qui venait faire son pélerinage annuel au milieu de ces ruines...

Deuxième étape : BAHÍA INGLESA, à quelques kilomètres de Caldera.
Dans ce pays immense, le moindre saut de puce sur la carte se transforme en floppée d'heures de bus. Comme à l'accoutumée, nous voyageons de nuit et c'est donc au tout petit matin après 12 heures de trajet que nous débarquons à Caldera.
Heureusement, deux jours de farniente au bord d'une eau diaphane (mais glaciale!) nous attendent.
Il fallait bien cela : nous sommes à bout de nerfs après quasiment trois mois de baroude!!

Troisième étape : VALPARAÍSO
Dans la série séjour éclair, c'est à Valpo que nous battons notre record : arrivés au petit matin, nous en repartons le soir même,  enchaînant ainsi deux nuits de bus. Non pas que la ville nous déplaise, bien au contraire, mais au vu du prix des chambres, nous préférons partir directement  vers Mendoza et ses vignobles. Notre raisonnement est le suivant : ce que nous ne dépensons pas en hôtel au Chili, nous pourrons le boire en Argentine!!

La journée que nous passons à déambuler dans Valparaïso nous donne toutefois un aperçu de la beauté très singulière de la ville. Son charme réside surtout dans les quartiers des cerros, situés dans les hauts de la ville et auxquels on accède par des funiculaires quelque peu brinquebalants.
Ruelles pavées, façades colorées, cours fleuries truffées de petits bars et bistrots rétros. L'ambiance n'est pas sans nous rappeler Lisbonne.

Finalement, nous n'aurons passé en tout et pour tout qu'une semaine au Chili. Difficile, donc, d'en dire grand-chose, si ce n'est que:
-la monnaie locale, le peso, est un casse-tète : 1€ valant 746 pesos, nous avons très vite investi dans une calculette!
-des pays traversés, c'est le seul où les automoblistes s'arrêtent pour laisser passer les piétons.
-l'alimentation quotidienne des Chiliens semble effrayante. A notre avis, ils doivent détenir le record mondial de la consommation de mayonnaise par habitant!! Résultat : beaucoup de gens en surpoids.
-bien que le Chili soit le pays le plus riche d'Amérique du sud, les services publics sont là aussi indigents. Aucun gouvernement n'est revenu sur la privatisation menée par Pinochet avec l'aide des Etats-unis. Résultat : si vous ètes riche, vous pouvez vous soigner convenablement dans des instituts privés très chers et envoyer vos enfants dans des écoles privées (à raison de 180€ par mois), sinon à vous les dispensaires pouilleux et les écoles publiques aussi sinistres que sinistrées.

Voilà. Nous quittons la Panaméricaine et traversons une fois de plus les Andes. Direction : l'Argentine, Mendoza et ses vignobles.



Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Chili
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