Nous contacter

Oú sommes nous ?


Ver Notre parcours en un mapa más grande
Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 22:21

Uyuni ne trouvant vraiment pas grâce à nos yeux, nous décidons de repartir illico pour Potosí. C’est toutefois avec une certaine appréhension que je me résous à voyager de nuit : les chauffeurs ont la réputation de picoler pour tenir éveillés. Mais Ronald se veut rassurant et nous affirme qu' avec des touristes étrangers à bord, cette fâcheuse habitude a tendance à disparaître. Je décide de lui faire confiance et achète nos billets, non sans scruter le conducteur, m’efforçant de lui trouver le teint clair et l’air sérieux. Quand le bus démarre, je réalise avec effroi que nous sommes les seuls touristes. Les cannettes de bière circulent déjà parmi quelques passagers… Le bus est tout aussi déglingué que la route est sinueuse et défoncée. Inutile de vous dire que les 7 heures de trajet (pour parcourir 230 km) me semblent interminables. Pour le coup, je ne manque aucun détail du voyage : les deux crevaisons en pleine nuit, réparées en un temps record par le chauffeur et son aide qui ne doit pas avoir plus de 10 ans et se glisse sous l’engin pour desserrer les boulons, la course contre la montre avec un autre bus qui nous double et qu’on double régulièrement (course très relative cependant puisqu’on peine à atteindre les 90 km/h). Pendant ce temps, Zoé dort placidement dans mes bras et Jérôme somnole en écoutant Miles Davis au casque!

A 1h du mat’, nous parvenons sains et saufs à Potosí. Pour un peu j’embrasserai le chauffeur (qui, au demeurant, semble tout à fait sobre...)

 

Potosí est une ville qui nous beaucoup plu.

Perchée à 4070 mètres, elle se laisse découvrir à un rythme très lent : grimper ses rues escarpées coupe vite le souffle. C'est pourtant une ville grouillante où les piétons bataillent avec les nombreux véhicules pétaradant pour se frayer un chemin à travers les innombrables vendeurs ambulants. Le Mercado Central a des allures de souk et nous adorons y flâner des heures durant.


Mais au-delà de cette vie intense et bouillonnante qui s'offre à nos yeux au quotidien, nous découvrons qu'aux confins de la ville, dans les entrailles de la montagne qui trône en arrière-plan -le bien nommé Cerro Rico (mont riche)- un tout autre univers se déploie : celui, impitoyable, des mineurs.
Potosí est en effet mondialement connue pour son argent. Au 16ème siècle, les affreux colons espagnols, encore eux, fondèrent la ville et s'emparèrent sans vergogne du précieux minerai dont regorgeait le Cerro Rico, épuisant à la tâche des milliers d'esclaves indiens et africains.
Aujourd'hui, l'extraction minière (zinc, plomb, étain et dans une moindre mesure argent) continue de constituer l'essentiel de l'activité économique de la ville. Si les siècles ont passé, les conditions de travail demeurent extrêmement dures. Nous avons pu nous en rendre compte en descendant nous-mêmes dans cet enfer.

En effet, d'anciens mineurs organisent des visites pour les touristes: par groupe de trois ou quatre, l'espace de 4 à 5 heures, ils se proposent de nous donner un aperçu de la realité du travail dans les mines coopératives. L'expérience est vraiment marquante : physiquement éprouvante, elle est surtout bouleversante, tant le labeur de ces mineurs est abominable. Travaillant avec des outils archaïques, dans des températures oscillant entre 0º à 45º (pour les niveaux les plus profonds), les mineurs sont exposés à toutes sortes de  produits chimiques et de gaz nocifs. Ils meurent d'ailleurs généralement de silicose (maladie des poumons) après 10 à 15 ans passés dans la mine. Pour nous autres qui n'y passons que quelques heures, l'expérience est déjà rude : on ressort avec les yeux qui piquent, la gorge irritée, le corps courbaturé d'avoir du parfois ramper dans des galeries étroites. Et cette odeur de dynamite, de soufre nous poursuit longtemps après avoir regagné la surface de la terre. Presqu'autant que les visages ravagés de ces travailleurs qui passent entre 8 et 10 heures, jour après jour, année après année, dans ces profondeurs apocalyptiques.

Les mines ont beau être coopératives, le travail n'en est pas moins difficile puisqu'ils sont tous en concurrence. Ils achètent leur matériel (explosifs, outils, lampes) et ne gagnent qu'en fonction de ce qu'ils produisent et sutout du prix qu'ils arrivent à négocier. D'après notre guide, le salaire mensuel moyen est de 800 à 1000 bolivianos (80 à 100€).
Le plus jeune travailleur que nous croisons a 14 ans mais notre guide ne cache pas que lors des vacances scolaires, nombreux sont les enfants qui viennent travailler à la mine.

Petite note d'humour dans cet univers si sombre : la statue du Tío, une sorte de diablotin à l'attribut masculin généreux, auquel les mineurs font des offrandes pour obtenir sa protection sous terre.

Après cette expérience vraiment marquante, nous quittons Potosí en jetant un dernier regard sur le Cerro Rico que nous ne regardons plus tout à fait de la même manière...

Prochaine escale : Sucre.
A trois heures de Potosí, par une route goudronnée : le luxe!
Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 23:21
L´angine de Zoé guérie, nous partons à la découverte du sud Lipez, la partie sud-ouest de la Bolivie.
C´est l´une des plus belles régions du pays. A moins de posséder son propre 4X4, il faut passer par une agence qui vous organise un voyage de 4 jours avec un chauffeur guide et une cuisinière s’il vous plaît. Le séjour se déroule entre 4000 et 5000 mètres dans des paysages époustouflants qu´il nous est impossible de raconter. Nous vous renvoyons donc à l’album photo. C´est une alternance de paysages d´altiplano (ces grandes plaines d’altitude), de la cordillère des Andes, de cônes volcaniques multicolores bordés par des lacs rouges, jaunes ou verts (en fonction des micro-organismes qui les peuplent ou des minéraux qu’on y trouve) remplis de flamants roses et entourés de vigognes.























Régulièrement nous croisons un village perdu au milieu de rien. Ronald, notre guide, nous explique que nous suivons l’ancienne route des Incas qui allait de Tupiza à San Pedro d’Atacama au Chili. Le voyage à pied dure 90 jours et l’espacement entre deux villages correspond à une journée de marche. Il y a plus de 500 ans, ces villages accueillaient donc dejà des voyageurs à la recherche d’un toit pour la nuit. C’est dans l’un d’entre eux que nous dormons le premier soir. Nous nous serrons à trois sous un épais tapis de couverture mais il fait tout même bien froid.
























La vie sur l’altiplano est rude. A cette saison, lorsqu’il y a du vent (il y en a eu pendant trois jours) la température ne dépasse pas les 10 degrés en journée. La nuit, elle tombe à 10 degrés en dessous de zéro. Remarquez, en hiver il faut compter avec des moins 25, moins 30. Il n´y a pas un arbre sur des centaines de kilomètres, pas plus de ligne électrique et les gens d’ici n’ont certainement pas les moyens d’acheter du gasoil qui d´ailleurs gèlerait. Nous nous demandons donc comment ils se chauffent et font cuire leurs aliments. Comme aime à le répéter Ronald, la natulareza es increible : une mousse verte qui pousse partout, une fois morte et sèche devient une excellent combustible. Les habitants sont très pauvres. Ils vivent dans de petites maisons dans lesquelles s’entassent souvent plusieurs générations. La natalité est très forte. Notre hôte du premier soir a eu 12 enfants. Ils élèvent des lamas et des moutons et font pousser des patates et du quinoa. Depuis quelques temps, la vie de ces villages s’est légèrement améliorée. Le tourisme apporte quelques recettes et le gouvernement d’Evo Morales a subventionné des panneaux photovoltaïques qui permettent à tous les villages rencontrés de bénéficier de la lumière le soir.


Après trois jours de 4X4, sans avoir vu une seule douche, nous touchons le paradis : un bassin d’eau chaude à 30 degrés dans lequel nous nous délassons avec bonheur. La chaleur est d’origine volcanique. A quelques dizaines de kilomètres, on trouve même des sortes de geysers, ou du moins des bassins de boue bouillonnants.

Le soir du 3e jour, nous fêtons mes 37 balais à deux pas du salar d´Uyuni. Martha notre cuisinière, discrètement prévenue par Mélina, improvise des lasagnes et un gâteau de crêpes, un vrai festin.


 Cela dit, tout ce qu’elle nous a concocté était délicieux. Il faut également rendre grâce à Ronald. Ancien chauffeur, ancien mineur, ancien chercheur de minerais, il a eu cent vies et connaît aussi bien les roches, que les plantes ou les animaux.
Comme tous les hôtels situés autour du salar, le nôtre est construit en briques de sel. Le sol des chambres est recouvert par une couche de gros sel qui fait office de moquette.

Le lendemain, debout à 5h pour voir le lever du soleil sur le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde, plus grand, plus blanc et tout aussi plat que la Belgique. L’absence de relief vertical et l’immensité permettent de faire des photos rigolotes en jouant sur la perspective.

 Après cette traversée, nous arrivons à la ville d´Uyuni, sorte d´oasis à l’orée du salar. Cela dit la ville n’est ni jolie, ni agréable et nous repartons le soir même pour Potosi.

Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 05:54

Ca y est, nous avons franchi la frontière qui sépare l´Argentine, l´un des pays les plus développés d´Amérique du sud, et la Bolivie, le plus pauvre des pays latino-américains. Côté argentin la ville frontière s´appelle La Quiaca et côté Bolivien  Villazón. Les français n´ont besoin que d´un passeport en règle. Il n´y a pas de visa à payer et on a le droit de rester 90 jours en Bolivie. Tandis que nous passons la douane, nous assistons à un étonnant ballet humain : telles des fourmis légionnaires, des centaines de Boliviens font des allers-retours quotidiens entre La Quiaca et Villazón . Le transport de produits de contrebande va bon train!

Sitôt passée la frontière, les silhouettes des cholas, femmes vêtues du costume traditionnel, sont omniprésentes : longues nattes nouées dans le dos, larges jupes, châle, chapeau melon noir et aguayo, ce morceau de tissu coloré qui leur sert à porter dans le dos leur bébé aussi bien que des aliments.


Notre première destination en Bolivie est la petite ville de Tupiza. Le voyage ne dure que 3h30 mais en Bolivie très peu de routes sont goudronnées. Notre vieux bus déglingué emprunte donc une piste défoncée,  mettant à dure épreuve nos carcasses brinquebalées. A chaque ornière, nous redoutons qu’un pan entier de l’engin ne s’effondre. Les passagers affichent quant à eux un calme impassible que nous tentons tant bien que mal d’imiter, cramponnant Zoé sur nos genoux. Elle doit d’ailleurs avoir du sang bolivien puisqu’elle parvient à dormir une grande partie du voyage.

Tupiza est une petite ville agréable où nous faisons une halte d’une semaine, prenant le temps de découvrir peu à peu une tout autre réalité.
L’un de nos lieux préférés est le marché central où nous déjeunons chaque midi. De petites échoppes proposent un menu simple mais savoureux pour 10 bolivianos (l’équivalent d’1 €) composé d’une soupe et d’une assiette de poulet ou autre viande garni de riz et pommes de terre (appelée ici papas). Le tout agrémenté d'une petite sauce piquante à la tomate qui n'est pas sans rappeler le rougail réunionnais.

Nous nous étonnons de ne pas trouver de quinoa ni sur le marché ni au menu des restos. Il s’avère que la céréale sacrée des Incas est tellement en vogue dans les pays occidentaux qu’elle est devenue hors de prix pour les consommateurs locaux.

Par contre, les feuilles de coca se trouvent partout et imprègnent subtilement tout le marché de leur odeur si particulière. Vendues au kilo, elles sont consommées par un grand nombre de Boliviens, hommes ou femmes, qui les mâchent en les mélangeant avec du bicarbonate de soude jusqu’à obtenir une boule pâteuse qu’ils gardent dans un coin de la bouche. Ainsi il est courant de croiser des personnes avec une joue toute gonflée : il ne s’agit pas d’une rage de dent mais bien de ces feuilles de coca dont la principale vertu est de lutter contre le sommeil, la faim et le mal d’altitude. Nous garantissons d´ailleurs l´effet dynamisant, c´est plus efficace que le café et bien meilleur et plus naturel que le Redbull.

A Tupiza nous avons surtout goûté l´ambiance nonchalante de la ville. Mais nous en avons aussi profité pour rencontrer une classe de lycée et pour faire du cheval. C´est durant sa première séance d´équitation que Zoé a attrapé une angine. Heureusement les médecins boliviens sont efficaces et deux jours plus tard, elle était sur pied, nous permettant de partir 4 jours à la découverte des Andes et du plus grand désert de sel du monde : le salar d´Uyuni.

 
Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 21:41


Il y a trois ans,  j’ai eu la chance de vivre une belle expérience en partageant durant quelques jours le quotidien de la famille Lamas (véridique!!).
A l’époque, Clara et Hector recevaient de temps à autres des touristes de passage désireux de sortir des sentiers battus et leur proposaient le gîte, le couvert et des randonnées dans les environs pour une somme modique. Une manière pour eux dóbtenir  quelques revenus et notamment d´assurer  la scolarité de leurs deux aînés. Je ne pouvais m’empêcher de craindre que leur petite entreprise n’ait prospéré et que le charme si particulier de leur accueil ne se soit émoussé.




Il n’en est rien. La maison des Lamas est toujours un bout du monde. Un quart d’heure de bus depuis Humahuaca et je demande  au chauffeur de nous déposer au petit tas de pierres blanches que je reconnais miraculeusement. Un no man’s land unique.












 

 




 

 

 

 

 

 

 

Les retrouvailles sont chaleureuses. J’apporte des photos de mon passage en 2006. La petite Carolina  a maintenant 4 ans, Gabriela va fêter ses 13 ans durant notre séjour et Clarita déborde toujours autant d’énergie joviale. Le cadre n’a pas changé : une maison en pisé au confort plus que rudimentaire, le four, les chèvres… et surtout un paysage magnifique alentour.

Le premier jour, Gabriela s’empresse de nous montrer les lamas d’un voisin et nous nous approchons donc pour la première fois de ces fameux camélidés qui ont eu la gentillesse de ne pas nous cracher dessus. Il faut dire qu’ils ont trouvé une dompteuse de choc!

 

 

Ensuite, nous voici enrôlés dans l’atelier pâtisserie. En prevision de notre passage dans la petite école du hameau, Clara nous propose de confectioner une bonne cinquantaine de petits pains sucrés fourrés au membrillo (pâte de coing) afin de les offrir aux élèves. Nous pétrissons donc avec vigueur tandis que Hector et deux de ses amis réalisent un plan de la communauté. Leur but est en effet de mettre à jour une carte du hameau qui compte une petite centaine de foyers et par la suite de procéder aussi à un recensement : une démarche de plus dans leur processus d'organisation collective afin de revendiquer auprès des autorités les terres qui leur reviennent.  A noter que le schéma familial de Clara et Hector est une exception : les familles  monoparentales (une mère seule et ses enfants) étant beaucoup plus courantes dans leur communauté.




 


Nous passons trois jours au total avec les Lamas.
Pour Zoé, c’est le paradis : une copine, un chat, des chiens, des chèvres, un âne, de la terre à pétrir à longueur de journée… La liberté pure.



























 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 



Le troisième jour, Hector nous emmène faire une longue balade à Inca Cueva. Au petit matin, dans un  froid saisissant, 
 


nous entreprenons une rando inoubliable au milieu de roches d’un ocre éblouissant.
Il s’agit des terres des ancêtres de la famille Lamas puisque les parents d’Hector y sont nés. Un de ses onclesy vit encore dans une solitude absolue.

Une grotte avec des peintures rupestres parachève la balade. Emouvant d’imaginer les mains des Incas traçant ces figures…


Enfin, nous consacrons la dernière matinée de notre séjour à visiter l’école de Carolina et Gabi. Une école minuscucle (50 élèves de 3 à 13 ans) qui fonctionne essentiellement avec des dons. Les enfants y sont non seulement scolarisés mais aussi nourris (nous avons partagé le petit déjeuner avec ces petits écoliers dont certains marchent une heure pour parvenir jusque là). Le niveau est très faible. 
Nous leur montrons les travaux de mes chers 6ème E qu’ils lisent avec curiosité. 
Nous constatons avec stupeur qu’ils ne connaissent pas la capitale de leur propre pays. Nous leur demandons alors de nous dessiner leur rêve et récoltons de très jolies choses : être gendarme, être maîtresse, avoir un âne, être mineur, avoir une charette. Un beau moment dont Zoé profite pleinement. ( A ce rythme-là, on la fait passer directement en CP à notre retour à La réunion!)

 

Après ces trois jours riches en émotion, nous retournons passer une nuit à Humahuaca et savourons comme jamais une bonne douche chaude.

Le lendemain, nous voici de nouveau sur le départ.  Prochaine destination : la Bolivie!!

Hasta luego, Argentina…

 

Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 21:50
Bonjour  à toutes et à tous. 
Nous voici rendus dans les Andes argentines. Plus précisément, dans la Quebrada (canyon) d´Humahuaca, classée au patrimoine de l´humanité par l´UNESCO. Cette vallée profonde a été en partie taillée par un cours d´eau local :  le Rio Grande  (rien à voir avec son cousin mexicain) qui est presque à sec en hiver mais qui, paraît-il, gonfle vigoureusement en été avec les pluies. A vrai dire on avait du mal à croire qu´il puisse un jour pleuvoir dans le coin, jusqu´à ce qu´une averse nous accueille en arrivant dans le village d´Humahuaca. D´après l´hôtel, c´était la première fois qu´il pleuvait depuis plus de 6 mois.  D´ailleurs, aussi loin que porte le regard, la nature n´est que sécheresse. En atteste la présence de nombreux et majestueux cactus appelés ici cardones.




Ces derniers, une fois leur peau enlevée donne un bois assez clair parsemé de petits trous dont on se sert pour la construction ou l´artisanat. 





Le climat de la région est très rude. 
En gros, la nuit  ça caille avec plus
ou moins 5 degrés, et le jour 
le thermomètre dépasse les  35 degrés,
du coup on tire la langue....




Cela dit, on oublie rapidement la dureté du climat car les paysages sont éblouissants. La nature semble avoir laissé libre cours à son inspiration, utilisant toutes les formes possibles et toutes les couleurs du spectre pour modeler les reliefs environnants.

Parmi les plus beaux sites on trouve le Paseo Colorado, près de Pumamarca,


la Palette du peintre dans le minuscule village de Mäimara,


la forteresse inca ou Pukara (reconstituée récemment) dans la jolie bourgade de Tilcara où nous logions




et enfin la Laguna de los Pozuelos oú nous avons pu admirer nos premières vigognes (une cousine sauvage du lama) et des flamants roses en pagaille dans une complète solitude. 










La population locale est en grande majorité d´origine amérindienne. Ce sont des descendants des Incas dont
l´Empire a été détruit par les vilains conquistadores espagnols. Cela se ressent dans les physiques bien sûr,

mais aussi dans les noms des villages : Pumamarca, Maïmara, Humahuaca... ne sont pas d´origine hispanique. 

Les Espagnols ont imposé, entre autre, leur langue, leur architecture et le catholicisme.  Cela dit, les Indiens ont su adapter la religion catholique à leurs croyances. Ainsi, lors des nombreuses processions en l´honneur de saints locaux, entre les crucifix et les bannières religieuses, on trouve des voitures décorées avec des nounours, des paquets de cigarette ou des dollars! Tout cela semble avant tout être l'occasion de faire une grosse fiesta.
















De plus, les Indigènes comme ils se nomment ont une forte conscience de leur ascendance Inca et de leur particularité. Ils subissent une forte discrimination en Argentine, car ils sont minoritaires dans le pays, même síls sont majoritaires dans le nord. Ils se sont donc organisés pour faire valoir leurs droits.  Ils réclament notamment de récupérer les terres de leurs ancêtres confisquées par l´Etat argentin, qui les a en partie revendues à des industries étrangères qui exploitent des mines d´or ou d´autres minéraux en polluant les terres et les rivières du coin, sans enrichir la population locale. Pour eux, le classement par l´UNESCO de la Quebrada est une nouvelle manière de leur confiquer leurs terres, ils demandent au minimum que la Quebrada soit inscrite comme patrimoine des Indigènes. On leur souhaite de réussir.

En attendant, on continue notre route vers de nouvelles aventures.



Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés