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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 19:37
Nous voici bel et bien à la fin de notre périple : dans quelques heures, nous embarquons pour Francfort, puis Paris où la neige semble nous faire l'honneur d'être au rendez-vous. Le contraste avec la chaleur suffocante de Buenos AIres risque d'être décapant!

Mais revenons sur ces derniers jours :
Après une semaine idyllique sur la côte uruguayenne, nous avons rallié Montevideo, la capitale du paisito. C'est là que nous avons abordé 2010, en compagnie de Silvana, une Montevidéenne rencontrée lors de mon précédent voyage il y a 3 ans et Alvaro, son compagnon. Editorialiste à La Diaria, un quotidien indépendant, journaliste dans deux autres mensuels, Silvana a un rythme de boulot  infernal et l'idée d'un mi-temps annualisé la fait tout simplement rêver.
c'est l'amour
Nous avons passé un réveillon dignement arrosé et aux douze coups de minuit, pétards et feux d'artifice ont convié tout le voisinage dans la rue, pour la plus grande joie de Zoé qui ne voulait pas en perdre une miette.
nouvel an
Montevideo a plus une allure de ville de province que de capitale. A vrai dire, il n'y a pas grand-chose à y faire ni à y voir. Nous y avons passé quelques jours oisifs, profitant d'un logement spacieux qui s'apparentait plus à un petit appartement qu'à une chambre d'hôtel. Zoé y a rencontré Pupuce, un husky égaré au pays du maté.
avec pupuce
En Uruguay, le maté est encore plus une institution qu'en Argentine. L'Uruguayen se balade partout avec son thermos sous le bras et le maté à la main : en promenade dans la rue, au supermarché, mais aussi à vélo, en voiture... C'est un peu leur nounours rouge, quoi!

Uruguayen typique
Le dimanche, nous avons flâné dans le marché aux puces et déjeuné dans un petit bisrot en écoutant des milongas (une variante du tango) reprises en choeur par l'ensemble des clients.
tango

Ensuite, nous avons de nouveau traversé le Río de la Plata pour rejoindre Buenos Aires.
Je ne voulais pas partir d'Argentine sans avoir revu Mary et Inés.
J'ai connu Mary en novembre 2006, sur la Plaza de Mayo lors d'une manifestation contre la fermeture de l'hôpital dans lequel elle travaillait. On avait discuté de la situation, puis de fil en aiguilles, j'avais fini par passer deux jours chez elle et son amie Inés. Nos conversations à bâtons rompus m'avaient permis d'appréhender plus amplement la réalité argentine.
Trois ans et quelques luttes plus tard, l'hôpital est fermé. Mary a retrouvé à dure peine un emploi bien éloigné de ses compétences initiales en radiologie et sa vision de la situation politique et socio-économique du pays ne s'est pas arrangée. Comme d'ailleurs tous les argentins qu'on a croisés au cours de notre voyage, elle porte un regard très pessimiste sur son pays, gangréné par la corruption.
Ines et Marie
Nous avons en tout cas passé une belle journée avec elles deux et Itita et Rodrigo, deux gamins qu'elles ont recueillis et dont l'histoire llustre bien la misère sociale argentine. Nés d'une relation désastreuse entre le père de Mary et une jeune paumée, ces deux enfants grandissaient dans un bidonville (una "villa"), en état de dénutrition, menacés par la drogue qu'un des grands frères avait commencé à ramener à la maison, bénéficiant d'une scolarité indigente qui, dans ces quartiers, se résume à trois heures de classe par jour (les enfants y vont essentiellement pour manger)
Mary et Inés ont ainsi découvert avec stupeur que les deux minots, à 9 et 10 ans, ne savaient pas se servir d'une fourchette et d'un couteau...
avec Itatiavec RodrigoAujourd'hui, Gago et Tita (comme les appelle Zoé!) ont sans doute un avenir...


Bon, le temps presse, on vous racontera le reste de vive voix.
Merci à vous toutes et tous qui nous avez suivis, commentés, corrigés...

C'est fini, c'était chouette et y a pas à dire : les voyages, ça fait grandir!
j'ai grandi

Par Zoé Mélina et Jérôme
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 23:38
Les lamas vous souhaitent à toutes et à tous une merveilleuse année 2010, pleine de voyages très proches ou très lointains, de rencontres prévues ou improbables, de petits bonheurs quotidiens et d'immenses joies inconnues.

annee 0151

On vous embrasse très fort.
Bonne année à toutes et à tous
Les lamas  
Par Zoé Mélina et Jérôme
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 17:00

Nous ne sommes plus qu'à une dizaine de jours du départ. En cette période on peut donc dire que ça sent le sapin. Tout se précipite et nous prenons moins le temps de donner de nos nouvelles.
Nous vous avions laissés en pleine plaine argentine et nous voici en Uruguay. Entre temps, nous avons fait un crochet par la ville de Rosario, située sur le fleuve Parana au nord-est de l'Argentine. C'est la  ville natale de Che Guevara et accessoirement du drapeau argentin. Des plages surchargées le week-end bordent ses eaux marrons qui ne sont pas sans rappeler la Guyane, la forêt, les singes et le calme en moins. 
plage de Rosario

Nous souhaitions monter plus au nord pour visiter une réserve naturelle, voir des caïmans et des singes justement, mais des inondations nous ont vite fait changé de chemin.

musee de rosario2

 Le temps de passer une journée par Buenos Aires, oú la chaleur estivale rend le bruit et la pollution encore plus éprouvants, et nous avons traversé l'immense Rio de la Plata qui sépare la gigantesque Argentine du minuscule Uruguay.

rio de la plata
C'est le deuxième plus petit pays d'Amérique du sud après le Surinam. Il est d'ailleurs surnommé "el paisito". Il ne compte que 3 millions et des brouettes d'habitants dont la moitié vit dans sa petite capitale Montevideo.
Après avoir visité rapidement la jolie, mais trop proprette, Colonia située en face de Buenos Aires, côté uruguayen, nous avons gagné la côte atlantique. Durant des heures, le bus traverse un pays quasi vide, semblant peuplé uniquement de moutons et de vaches.
sur la route vers la cote

Les villages dans lesquels nous avons sejourné sont absolument étonnants. Le premier se nomme Cabo Colonio : sans eau courante, sinon celle des puits, sans électricité,  sinon pour le phare, sans voiture ou presque, accessible uniquement par des camions qui le relient à la route toutes les heures, ce village a longtemps vécu de la chasse aux lions de mers, aujourd'hui interdite. Du coup, ils se sont multipliés beaucoup plus vite que les habitants et une importante colonie de ces grosses bébêtes assez peu amènes il faut bien le dire, loge a proximité du village.

on se croirait sur lacote d'azur

Cabo Colonio compte donc plusieurs milliers de lions de mer et 80 habitants permanents, pour l'essentiel des pêcheurs et des hippies venus trouver ici un cadre paradisiaque, retirés des tentations de la vilaine société de consommation.
Cabo Colonio

On peut y louer des cabanes (appelées ici "ranchitos") pour moins de 20 euros à deux pas d'une plage aussi immense que splendide et dépeuplée, sauf en janvier. Un vrai hâvre de sérénité.

nature morte couleur

Le deuxième village se nomme Las Valizas. Un peu moins rustique, on y trouve eau courante et électricirté, il n'en est pas moins dépeuplé en dehors des vacances estivales des Uruguayens. Là encore, plages immenses, dunes et... des tonnes de crevettes pour 3 euros le kilo, le bonheur. 

plage de Valizas

Après une bonne semaine à paresser en bord de mer, nous partons pour Montevideo. A suivre.  



 

 

 

Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Uruguay
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 04:07

Trenque Lauquen : le genre de ville qu'on a du mal à trouver sur une carte et dont aucun guide ne parle. Située à 450km au sud de Buenos Aires, en pleine Pampa, on n'y aurait jamais mis les pieds si le hasard ne nous avait fait croiser le chemin de Julieta et Pablo, des Lauquenches rencontrés en septembre à Purmamarca, dans le Nord argentin. Dix minutes suffisent alors pour qu'un contact chaleureux s'établisse, ils nous laissent leurs coordonnées en nous invitant à venir les voir si nous passons dans le coin. Et... nous voilà, quelques mois plus tard !

 

Un séjour passionnant au pays des gauchos, ces légendaires gardiens de troupeaux à cheval, en voie de disparition aujourd´hui mais très présents dans l'imagerie et la mémoire collectives. gaucho boleadoras

Pablo a beau monter parfaitement à cheval, il n'a rien d'un gaucho. Ses outils de travail : internet, le portable et le 4x4. Son domaine : la production céréalière, qu'il administre sur 4000 hectares. Voilà qui ramène nos bocages normands à l'échelle de Playmobils et pourtant son exploitation est loin d'être la plus grande de la région.

magnifique pampa


Maïs, soja, tournesol, blé, sorgho, tout est produit de façon intensive, avec des machines dernier cri et des semences OGM, ô malheur. Le José Bové qui est en nous s’indigne, mais sur ces terres où la productivité est le maître-mot, de telles considérations sont totalement absentes, voire incongrues.
 Evidemment, nous posons la question du bio et du danger des OGM. Mais ce débat est quasiment inexistant en Argentine. Il faut dire qu'à la différence de l'Europe, ici des enfants meurent de faim chaque jour. De leur point de vue, il y a donc une responsabilité des agriculteurs qui doivent produire plus. Or, justement, les OGM et les nouvelles techniques permettent de cultiver des terres qui jusque là restaient impropres à l'agriculture.   
Un exemple de cette production intensive : une moissoneuse batteuse récolte et, dans son sillon, une autre machine prépare la terre et simultanément sème du sorgho. Le sol n'est donc jamais laissé au repos mais il ne s'épuise pas non plus puisque les semences sont différentes.

moisson

Nous avons du mal à nous extâsier sur le magnifique maïs dont les feuilles brillantes sont capables de résister à tous les herbicides du marché mais nous sommes totalement subjugués par la beauté de la Pampa, cette immense plaine qui s'étend du sud du Brésil au nord de la Terre de feu et qui couvre un territoire entièrement plat et plus grand que la France.

champ d OGM


La région est majoritairement céréalière. L'élevage rapportant moins que le grain, le bétail a été repoussé dans des terres plus lointaines, ce qui explique aussi en partie la disparition des gauchos, progressivement remplacés par les Land Rovers. Cela dit, Pablo élève tout de même 1000 bêtes. Certaines broutent paisiblement dans des prairies herbeuses, d'autres sont parquées dans des feed lots : le sorgo et le maïs servent ainsi essentiellement à nourrir vaches et boeufs.

fin de journee a la campagne

Les agriculteurs de la région de Trenque Lauquen sont souvent d'origine basque. Beaucoup portent encore le béret et jouent à la paleta. La père de Pablo était, paraît-il, un redoutable joueur et la ferme compte un fronton, mais en mauvais état suite à des inondations.

Autre cliché de la Pampa et du gaucho (et de l’Argentine en général) : la viande grillée. De ce côté-là, nous avons été servis. Asados (=barbecues) midi et soir. Jérôme a enfin obtenu de déguster sa viande comme il l’aime: sanguinolente. Les Argentins ont beau être de gros carnivores (74 kilos de bidoche par an et par personne), ils la mangent généralement à point, au grand damn du mon Dracula.
D'une façon générale, nous avons passé cette semaine à bâfrer comme des possédés, Julieta étant une redoutable cuisinière !
orgie de bidoche

Quand on en avait assez de manger de la viande, on tartinait du dulce de leche, cette délicieuse confiture de lait, un met incontournable en Argentine, aussi enivrant que le Nutella.

Pour la quasi herbivore que je suis, le moment privilégié c'était bien sûr le rituel du maté, cette infusion à base de feuilles au goût assez amer qu'on aspire à l'aide d'une bombilla et qu'on partage en se faisant passer le récipient (en calebasse ou en cuir la plupart du temps) en y reversant régulièrement de l'eau chaude.

l heure du mate bis


Pour Zoé, ces quelques jours à la campagne ont été un régal. Elle s'est encore fait des nouveaux amisavec Corcho

et est en passe de devenir une grande écuyère.
hue

Un immense merci à Pablo et Julieta pour leur accueil si chaleureux. Nous repartons avec quelques bourrelets, des images plein la tête et l'espoir de pouvoir les accueillir un jour à notre tour en France...

Julieta y Pablo

 




Par Zoé Mélina et Jérôme - Publié dans : Argentine
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 17:21

Bravo à Martine qui remporte le Prix de la lectrice la plus attentive ainsi que le Premier Prix de Calcul puisqu'elle est la seule à s'être rendu compte que l'album photo nº16 manquait.
http://www.bergeret.org/blog/wp-content/martine.jpg

Quant au prix du commentateur le plus régulier il est attribué à ...


http://www.raw-tcsd.com/antoine%20fr668473159.jpg

La bise à toutes et à tous
Par Zoé Mélina et Jérôme
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